VIEILLIR CHEZ MOI,
C’EST GAGNANT !

Dessin de Clara, la petite-fille de Pauline

Vieillir chez moi, c’est gagnant :

 

  • Pour protéger ma qualité de vie

  • Pour retarder ma perte d’autonomie

  • Pour maintenir mes liens avec mes proches et ma communauté

  • Pour faciliter mes relations familiales

 

Et de surcroît, ça diminue la pression sur le système de santé en plus de coûter moins cher à l’État.

 

Bref, vieillir chez moi, c’est avantageux pour tout le monde !

 

Nous implorons le gouvernement d’opérer un changement dans l’organisation et le financement des services aux personnes âgées pour que nous, les personnes âgées du Québec et celles qui le deviendront bientôt, puissions continuer à vieillir dans notre domicile et dans notre communauté le plus longtemps possible.

Vous pouvez manifester votre appui au mouvement.

Voir tous les commentaires et appuis exprimés jusqu'ici.

POURQUOI CE CRI DU CŒUR ?

Les raisons de vouloir vieillir chez soi sont nombreuses et bien documentées. Ce désir s’est accentué depuis que la pandémie de la Covid 19 a révélé au grand jour les problèmes vécus dans les CHSLD.

 

  • On se sent plus en sécurité dans sa maison entourés des membres et des services de sa communauté. Il est par ailleurs plus facile pour les familles de se réunir autour d’un repas ou d’une fête dans un domicile.

  • En regard de la sécurité, on réalise que les personnes âgées à domicile ont été relativement épargnées par la pandémie. Elles représenteraient moins de 10 % des personnes âgées décédées. [1]

  • La vie autonome ou semi-autonome à domicile avec des services de soutien retarde l’aggravation de la perte d’autonomie. C’est du moins ce que nous avons pu observer durant nos années de pratique.

  • Des services à domicile, même de faible intensité, diminuent la pression sur le système de santé avec un recours moins élevé aux urgences et une moins grande utilisation des lits d’hôpitaux (Zubieta, L. et Cool). [2]

  • Il en coûte moins cher à l’État de soutenir une personne à domicile que dans un CHSLD soit 30 000 $ contre 80 000 $ (Francis Vailles, La Presse, 18 avril 2020). C’est sans compter l’implication des proches qui peut également faire une différence dans les coûts.

 

Il est navrant de constater la situation actuelle au Québec.

 

Le Québec vit actuellement un désastre pandémique avec un nombre de décès sans précédent dans les CHSLD, les ressources intermédiaires (RI) et les résidences pour aînés (RPA). Le phénomène est beaucoup plus accentué ici que dans le reste du Canada.

 

Le Covid 19 a révélé des faiblesses importantes dans le soutien et les soins aux personnes âgées : dysfonctionnements dans les CHSLD et les RI ; précarité des mesures de prévention dans les RPA et les CHSLD ; réduction des services à domicile déjà insuffisants, etc.

 

C’est ici qu’il y a le plus de personnes âgées en hébergement collectif au Canada [3]. Le Québec regroupe 50 % des places en RPA au pays. Il s’agit d’un modèle résidentiel (de masse) particulier au Québec où l’on retrouve une abondance de maisons de retraite construites par le secteur privé. On attribue cette situation en grande partie à l’insuffisance de services à domicile. Notons que les RPA sont considérées comme un domicile et que les personnes qui font le choix d’y habiter sont concernées par notre démarche.

 

Depuis le regroupement des établissements (CISSS/CIUSSS), il est devenu plus compliqué et difficile d’avoir accès aux services à domicile : on doit attendre un retour d’appel, puis une évaluation et ensuite la décision de comités qui nous orientent finalement vers une liste d’attente.

 

Les communications entre les dirigeants et les gens du terrain sont inefficaces. La pandémie a mis en lumière ces difficultés : consignes interprétées différemment d’un endroit à l’autre, écart important entre ce qui se passe dans les établissements et ce qu’on entend en conférence de presse, longs délais pour répondre aux personnes prêtes à revenir au travail et aux bénévoles ayant proposé leurs services, etc.

 

[1] Calcul à partir des données de l'Institut national de santé publique du Québec

[2] En prépublication dans Health and Social Care in the Community

[3] On dénombre environ 200 000 personnes en CHSLD, RI, ou RPA dont 112 000 en RPA. 18,5 % des Québécois de 75 ans et plus vivent en RPA contre 8,5 % au Canada (SCHL 2019).

QUELQUES PISTES

Bien entendu, nous avons quelques pistes à soumettre à notre gouvernement pour que nous puissions vieillir chez nous en toute sécurité et dans la dignité.

 

Nous sommes conscientes que la présence de CHSLD est souhaitable pour accueillir les personnes qui ne peuvent vraiment plus demeurer dans leur domicile. À cet égard, comme bien d’autres intervenants qui s’expriment dans les médias, nous souhaitons que notre gouvernement fasse en sorte que la qualité de vie de ces personnes ainsi que celle des personnes qui travaillent auprès d’elles soient améliorées.  

 

Notre démarche toutefois vise essentiellement l’organisation des services et des soins à domicile.

1. Un système de soins et services aux personnes âgées redessiné

 

Nous croyons que le système de soins et services aux personnes âgées devrait être réformé en mettant l’accent sur le soutien à domicile, ce qui implique une intensification importante des services.

 

Nous souhaitons que l’organisation des services soit repensée en fonction de petits territoires (quartiers, sous-territoires de MRC) et que les établissements soient gérés localement. L’accès aux services doit être facilité et les mécanismes doivent être simples et rapides. Plusieurs idées ont été mises en œuvre ailleurs dans le monde (maison centre de service dans les pays scandinaves, centre communal d’action sociale en France…) et circulent présentement au Québec. Nous pensons que le gouvernement devrait s’en inspirer.

 

Nous voulons que la mise en œuvre d’une prestation financière de soutien à l’autonomie soit réétudiée à la lumière des recommandations formulées dans les rapports Clair (2000) et Ménard (2005) et dans le livre blanc sur l’assurance autonomie (2013). Un tel modèle est implanté dans plusieurs pays européens (Allemagne, Pays-Bas, France…) ainsi qu’au Japon et en Corée du Sud.

 

2. De l’oxygène pour les personnes proches aidantes

 

Nous demandons au gouvernement d’instaurer un programme de soutien concret aux personnes proches aidantes incluant des ressources de répit et des incitations aux employeurs pour assouplir les conditions de travail. Trop longtemps laissées pour compte, ces personnes méritent une attention particulière. Un tel programme nous semble indispensable pour assurer un virage efficace.

 

3. Des consultations professionnelles et médicales à distance

 

La pandémie a permis la multiplication des consultations médicales et professionnelles à distance. Nous pensons que cette approche doit se poursuivre et se développer pour que les personnes âgées et leurs proches puissent avoir facilement accès aux ressources professionnelles qui ont le mandat de s’occuper d'elles.

 

Ce mouvement en faveur d’une réorganisation des services aux personnes âgées en fonction d’une prépondérance du soutien à domicile est de plus en plus visible dans les médias. Des regroupements de professionnels, des experts, des analystes et des journalistes le réclament depuis un certain temps. Notre démarche s’inscrit dans la foulée de ce mouvement.

QUI SOMMES-NOUS ?

Pauline Gervais et Irène Désilets, deux amies et anciennes collègues de travail du temps où les établissements du réseau de la santé étaient situés dans les communautés qu’ils desservaient. Ces derniers relevaient alors chacun d’un conseil d’administration autonome dont les membres représentaient des organismes du milieu et les différentes clientèles à rejoindre. Nous avons travaillé toutes deux à l’organisation des services aux personnes en perte d’autonomie, et dans le cas de Pauline, à l’élaboration du projet d’assurance autonomie. [1] [2]

 

Aujourd’hui, nous nous désolons de constater le dysfonctionnement de notre système de santé, en particulier dans les services aux personnes âgées, dysfonctionnement que la pandémie en cours met en lumière jour après jour. Puisque nous sommes entrées de plain-pied dans la catégorie d’âge des 65 ans et plus, nous lançons ce cri du cœur : S’il vous plaît, permettez-nous de vieillir chez nous, dans notre communauté !

 

Nous savons que c’est aussi la volonté de la majorité des personnes âgées. Notre objectif, en lançant cet appel sur les réseaux sociaux, est de créer un mouvement citoyen pour inciter le gouvernement à procéder à un changement radical dans l’offre de services aux personnes âgées afin que nous puissions demeurer dans notre milieu le plus longtemps possible.

 

Nous espérons rejoindre les personnes âgées actuelles et futures ainsi que leurs proches qui, croyons-nous, ont le même souhait.

 

[1] Pauline Gervais a obtenu un doctorat en gérontologie de l’Université de Sherbrooke en 2011 et Irène Désilets, une maîtrise en gérontologie de la même université en 1994

[2] Assurance autonomie : allocation financière pour des soins et services de soutien allouée directement à la personne selon son niveau d’autonomie et ses besoins, en suivant le principe que l’argent suit le client.

 

VOUS VOUS ÊTES EXPRIMÉS !

Vieillir chez moi, c’est gagnant ! se voulait d’abord un appel au gouvernement pour que des changements soient apportés dans le financement, l’offre et l’organisation des services aux personnes âgées de façon à prioriser le soutien à domicile. En trois semaines, nous avons reçu plus de 1 100 commentaires et appuis à cette proposition.

 

Les demandes ainsi que le contenu de notre site, incluant tous les commentaires, ont été transmis le 19 juin au premier ministre François Legault, avec copie conforme à la ministre de la Santé et des Services sociaux, madame Danielle McCann et à la ministre responsable des Aînés et des Proches aidants, madame Marguerite Blais.

Voir notre lettre au premier ministre.

 

Nous diffuserons occasionnellement des informations sur l’évolution du dossier.

Nous ne récoltons plus de commentaires, mais vous pouvez encore manifester votre appui à ce mouvement. 

Vous pouvez aussi communiquer avec nous pour nous faire connaître des initiatives citoyennes que nous pourrions faire paraître sur Vieillir chez moi, c’est gagnant !

 

Bien sûr, nous demeurons actives personnellement pour continuer à promouvoir le « vieillir chez soi ».

©2020 Vieillir chez moi, c’est gagnant !